Une activiste féministe iranienne assassinée aux états-unis (16 janvier 2012)

Gelareh, étudiante en biologie moléculaire au Texas et activiste féministe iranienne exilée, a été mystérieusement abattue, à quelques pas de chez elle (d’après abcnews.go.com) ou de chez ses parents (d’après chron.com), dans la nuit du lundi 16 janvier 2012.

Gelareh Bagherzadeh, 30 ans, traversait ce complexe résidentiel en voiture aux alentours de minuit, dans la nuit du dimanche à lundi, lorsqu’elle a été tuée par une balle qui a traversé la vitre de son véhicule.

* * *

D’après les interview qu’elle avait donné au Houston Chronicle, elle parlait sans réserve pour promouvoir les droits des femmes iraniennes et critiquer l’actuel gouvernement iranien.

Des photos et vidéos sur le site internet du journal montrent Bagherzadeh participant à une manifestation de 2010 pour un changement de régime en Iran. A l’époque, elle avait demandé que son nom ne soit pas mentionné dans la vidéo parce qu’elle craignait la persécution, d’après le Houston Chronicle.

Gelareh faisait partie de Sabaz Houston, une organisation iranienne locale formée le 12 juin 2009 pour protester pacifiquement contre les fausses élections en Iran. (cf. http://sabzhouston.org/)

* * *

D’après un communiqué des services de police de Houston « Quand les policiers sont arrivés, ils ont constaté que la voiture avait heurté la porte d’un garage. Le moteur était toujours en fonctionnement, les roues tournant sur le sol. Madame Bagherzadeh a été trouvée effondrée sur le siège de conduite. »
Bagherzadeh a été tuée vers minuit 30 dans l’allée Augusta près de Sugar Hill. Après qu’elle ait été abattue sa voiture s’est écrasée contre les maisons mitoyennes.

D’après les autorités rien de la voiture ne semble avoir été volé. Son téléphone portable et son porte-monnaie ont été retrouvé à l’intérieur.
« Des témoins ont dit aux enquêteurs avoir entendu plusieurs coups de feu, un bruit d’accident et ensuite des crissements de pneus. » d’après le communiqué.

La police a indiqué avoir répondu à deux appels, à 45 minutes d’intervalle, concernant des tirs d’arme à feu au niveau des numéros 800 de l’allée Augusta. Après l’appel de 23h45, dimanche soir, les policiers de Houston n’ont trouvé aucune trace de coups de feu/ fusillade (« firearms ») et sont partis. Quarante-cinq minutes après, ils ont été appelé pour un meurtre par arme à feu (« shooting ») au n°894 de August Drive et ont découvert la voiture. Les auxiliaires paramédicaux arrivés sur les lieux ont conclu à la mort de Gelareh Bagherzadeh, ainsi que la police.

Les enquêteurs n’ont pas dit s’ils pensaient que les deux appels étaient liés aux mêmes tirs d’arme à feu, a déclaré Victor Senties, porte-parole des services de police de Houston.

Résumé et traduction par Féministes Enragées https://repressionfemegypte2011.wordpress.com
d’après
http://www.chron.com/news/houston-texas/article/Student-activist-shot-to-death-near-Galleria-2563916.php
http://abcnews.go.com/US/iranian-student-activist-shot-death-texas/story?id=15380227#.Tx8jmoElqSo
http://abcnews.go.com/US/wireStory/iranian-womens-activist-fatally-shot-houston-15385601#.Tx8iTYElqSp

Plus d’info en français :

http://soliranparis.wordpress.com/2012/01/21/assassinat-de-gelareh-bagherzadeh-une-jeune-militante-iranienne-a-houston-aux-etats-unis

http://fr.globalvoicesonline.org/2012/01/19/94958/

En israel, des femmes dansent contre la ségrégation sexiste (6 janvier 2012)

Texte de présentation de la vidéo :

Vendredi 6 janvier 2012, un groupe de 250 femmes de Bet Shemesh a décidé d’élever la voix contre l’exclusion des femmes de l’espace public en réalisant une danse publique de masse au square de la ville. Les femmes sont des habitantes de la ville, de tous âges et de tous domaines, religieux, traditionnel et laïque. Elles se sont rassemblées pour une action publique éclair et massive de danse (flashmob dance) dans le square de la ville, et ont commencé à danser pour le changement.

Traduction depuis l’anglais par Féministes Enragées https://repressionfemegypte2011.wordpress.com

Source du texte anglais : http://www.youtube.com/watch?v=pZd0kLWP01c&feature=player_embedded

Plus d’informations :

http://www.lemilie.org/index.php?option=com_content&view=article&id=309:israel-flash-mob-anti-ultras&catid=53:ailleurs&Itemid=109
http://judaismes.canalblog.com/archives/segregation_sexuelle/index.html
http://fr.euronews.net/2011/12/26/les-israeliennes-victimes-d-une-radicalisation-des-ultra-orthodoxes/
http://www.egalite-infos.fr/2012/01/16/israel-terre-maudite-pour-les-femmes/




Déclaration du Réseau international de solidarité Femmes sous lois musulmanes (WLUML) sur la situation en Libye Les femmes, premières ciblées


Le 25 octobre 2011

WLUML s’inquiète du fait que le premier acte public du Comité national de transition de Libye ait été de proclamer, le 23 octobre 2011, l’annulation d’un certain nombre de lois, pour les remplacer par ’la sharia’. Le Comité national de transition de Libye est un gouvernement intérimaire : ce dont il est chargé, et qui aurait dû être sa première action, c’est de mettre en place un mécanisme pour organiser l’élection d’un nouveau gouvernement, après la chute du régime de Kadhafi.

WLUML ressent l’urgence de réfléchir et de soulever un certain nombre de questions à propos de cette déclaration sur ’la sharia’.

Tout d’abord, si l’on accepte l’idée que la démocratie, c’est la loi du peuple telle qu’elle s’exprime par les urnes, il est gênant que le premier acte de ce gouvernement de transition (il succède à un gouvernement autocratique qu’il a dénoncé) soit de gouverner par décret, au lieu de consulter le peuple par des moyens démocratiques. Les lois ne devraient pas être annulées par la volonté d’un ou de plusieurs dirigeants ; elles devraient être réformées, après consultation démocratique, par la volonté et le vote du peuple. En faire autrement, c’est remplacer un dirigeant non démocrate par un autre ; c’est confondre la démocratie avec l’autocratie, la monarchie ou l’oligarchie.

WLUML soutiendra toute initiative d’associations indépendantes de femmes et de la société civile de Lybie pour exiger l’application de règles démocratiques.

Les femmes, directement ciblées

Ensuite, quand on regarde quelles lois sont annulées de fait et remplacées par des lois religieuses, on s’aperçoit que ce sont celles qui affectent directement les droits des femmes dans le mariage, le divorce, la garde des enfants, la polygamie, l’héritage, etc., c’est-à-dire les codes de la famille ou les lois de statut personnel. Les femmes sont directement ciblées par ce changement législatif et perdront, dans ce processus, bien des droits acquis.

Enfin, quelle est cette ’sharia’ invoquée dans la déclaration libyenne ?

WLUML sait bien, et ce, de par ses propres recherches*, que les lois dites islamiques – lois que l’on dit dérivées de la jurisprudence islamique ou ’fiqh’ (souvent à tort dénommée ’sharia’) -, ou considérées conformes à ’la sharia’, varient énormément d’un pays à l’autre – apportant ainsi la preuve qu’elles sont bien issues de la main de l’homme et qu’elles ne sont pas divines. Bien plus, elles incluent souvent des éléments de cultures et traditions qui n’ont rien à voir avec la religion, et même des lois coloniales quand celles-ci confortent les intérêts locaux du patriarcat. C’est ainsi que des traditions locales telles que le ’muta’a’ (mariage temporaire) ou les MGF (mutilations génitales féminines) sont adoptées comme parties intégrantes de la ’religion’. C’est également la manière dont l’Algérie nouvellement indépendante a reconduit, dans les années 1960, la loi française de 1922 (alors changée en France), privant ainsi les citoyennes de tout accès à la contraception et à l’avortement. Et au Mali, le code de la famille promulgué en 2009, a provoqué un tel tollé de la part des organisations traditionalistes musulmanes qui l’ont déclaré non conforme à la ’sharia’, que bien qu’il ait été démocratiquement voté par des musulmans non conservateurs – y compris des femmes et des laïques – le Président l’a suspendue sine die.

On voit, ici encore, ce que sont la démocratie et ’la sharia’ dans un pays qui – plus est – a signé les conventions internationales sur les droits des femmes. Plus récemment, l’Arabie Saoudite a également été mise sous pression pour avoir interdit aux femmes, pendant des décennies, de conduire et voter (qui apparaît balancé pour changer), sur la base de son interprétation du ’fiqh’. Enfin, la Libye, elle-même, a signé les conventions internationales des droits de la femme qui se sont attachées, entre autres, à éliminer toutes les formes de discrimination à l’égard des femmes.

Si l’on s’en tient au seul point de vue de la religion, le Coran lui-même peut être lu et interprété de différentes façons. La divergence d’opinion (’iktilaf’) est une tradition admise en islam. La Tunisie prenait, en 1956, la décision historique d’interdire la polygynie (dite polygamie), ses législateurs prenant appui sur le fait que si le Coran exigeait que les quatre épouses soient traitées parfaitement également, c’était bien pour indiquer l’infaisabilité pour un homme de s’y conformer. En 1962, l’Algérie utilisait le même verset pour autoriser un homme à avoir quatre épouses et à légitimer la polygamie. Laquelle de ces versions contradictoires est ’la sharia’ ?

Nous dénonçons l’utilisation laxiste du terme ’sharia’ pour donner une fausse légitimité religieuse aux interprétations patriarcales de la religion, ainsi qu’aux traditions patriarcales.

WLUML en appelle aux organisations de femmes et aux forces de progrès dans le monde, pour rester en alerte devant les contradictions entre la prétention à la démocratie et l’utilisation de décrets appliquant des lois religieuses mal définies.

Nous en appelons également à protester quand des gouvernements et des groupes politiques justifient leurs décisions patriarcales au nom de ’la sharia’.

* Réf. : Knowing Our Rights Family, Laws and Customs in the Muslim World, 3ème édition, Londres, 2006, http://www.wluml.org. http://www.wluml.org/node/588 Une version française est en cours de publication.

Source : Femmes sous lois musulmanes, le 28 octobre 2011.

Source : Réseau international de solidarité Femmes sous lois musulmanes http://www.wluml.org/fr/action/d%C3%A9claration-du-r%C3%A9seau-international-de-solidarit%C3%A9-femmes-sous-lois-musulmanes-wluml-sur-la-si

Version en anglais : Women Living Under Muslim Laws Statement on Libya

(http://sisyphe.org/spip.php?article4014)

Action urgente: Iran. Sakineh Mohammadi risque de nouveau d’être exécutée


Action urgente Amnesty International

Contre la répression patriarcale dont fait l’objet Sakineh Mohammadi

Posté par : Marie-Francoise le 11 janvier 2012

AU 3/12, MDE 13/001/2012, 6 janvier 2012

Fin décembre, la presse iranienne a, semble-t-il, commencé à relayer une nouvelle fois des informations selon lesquelles Sakineh Mohammadi Ashtiani, une femme risquant d’être exécutée en Iran, pourrait être pendue plutôt que lapidée. Ces articles récents indiquent que cette femme risque toujours d’être exécutée, et ce à tout moment.

Sakineh Mohammadi Ashtiani, âgée de 44 ans et mère de deux enfants, vit dans la province de l’Azerbaïdjan oriental (nord-ouest de l’Iran). Elle a été arrêtée en 2005 à la suite de l’homicide de son mari. À l’issue d’un procès inique, elle a été reconnue coupable d’« adultère en étant mariée » et de complicité de meurtre. Sa peine d’emprisonnement initiale pour ce dernier chef aurait été ramenée de 10 à cinq ans, auquel cas elle serait déjà arrivée à son terme. L’« adultère en étant marié » est passible de la lapidation. On ignore si la requête formulée en juillet 2010 par l’avocat de Sakineh Mohammadi Ashtiani pour demander une révision judiciaire de la peine de lapidation a été suivie d’effet. S’il s’avère que cette femme est maintenant détenue uniquement pour avoir eu des relations sexuelles consenties, Amnesty International la considèrera comme une prisonnière d’opinion et demandera sa libération immédiate et inconditionnelle.

Cliquez ici pour agir en ligne

(http://www.isavelives.be/fr/node/8483)

Sakineh Mohammadi Ashtiani est détenue à la prison de Tabriz, en Azerbaïdjan oriental, et n’est représentée par aucun avocat depuis que le sien a été emprisonné et frappé d’une interdiction de pratiquer le droit. Selon l’Agence de presse des étudiants iraniens (ISNA), qui jouit d’une autorisation officielle, le responsable du pouvoir judiciaire dans la province de l’Azerbaïdjan oriental a déclaré le 25 décembre 2011 : « Des experts islamiques sont en train de réexaminer le cas de Sakineh Mohammadi Ashtiani pour déterminer si celle-ci peut être exécutée par pendaison ». Cependant, il a affirmé par la suite que ses propos avaient été « déformés », sans toutefois apporter plus de précisions. Le changement de méthode d’exécution a déjà été débattu par les autorités judiciaires et mis en œuvre dans d’autres affaires. Amnesty International craint que l’article de l’ISNA n’indique que Sakineh Mohammadi Ashtiani risque de nouveau d’être exécutée.

DANS LES APPELS QUE VOUS FEREZ PARVENIR LE PLUS VITE POSSIBLE AUX DESTINATAIRES MENTIONNÉS CI-APRÈS (en persan, en anglais ou dans votre propre langue) :

– demandez aux autorités iraniennes de ne pas exécuter Sakineh Mohammadi Ashtiani d’une quelconque manière et d’annuler sa peine de lapidation pour « adultère en étant mariée » ;

– demandez des éclaircissements quant au fondement et à la durée de sa peine d’emprisonnement ;

– faites remarquer que, s’il s’avère que cette femme est détenue uniquement pour avoir eu des relations sexuelles consenties, Amnesty International la considèrera comme une prisonnière d’opinion et demandera sa libération immédiate et inconditionnelle ;

– appelez les autorités à dépénaliser les relations sexuelles entre adultes consentants.

ENVOYEZ VOS APPELS AVANT LE 17 FÉVRIER 2012 À : Vérifiez auprès de votre section s’il faut encore intervenir après la date indiquée ci-dessus. Merci.

Guide suprême de la République islamique d’Iran
Ayatollah Sayed ‘Ali Khamenei
The Office of the Supreme Leader
Islamic Republic Street
End of Shahid Keshvar Doust Street,
Tehran,
République islamique d’Iran
Courriel : info_leader@leader.ir
Twitter : Écrivez à #Iran leader @khamenei_ir pour lui demander d’empêcher l’exécution de Sakineh Mohammadi Ashtiani Formule d’appel : Your Excellency, / Excellence,

Responsable du pouvoir judiciaire
Ayatollah Sadeqh Larijani
[care of] Public relations Office
Number 4, 2 Azizi Street
Vali Asr Ave., above Pasteur Street intersection
Tehran,
République islamique d’Iran
Courriel : bia.judi@yahoo.com (objet : « FAO Ayatollah Sadeqh Larijani »)
Formule d’appel : Your Excellency, / Monsieur le Ministre,

Copies à :
Secrétaire général du Haut conseil des droits humains
Mohammad Javad Larijani
High Council for Human Rights
[Care of] Office of the Head of the Judiciary, Pasteur St.,
Vali Asr Ave. south of Serah-e Jomhouri,
Tehran 1316814737,
République islamique d’Iran
Courriel : info@humanrights-iran.ir
(objet : « FAO Mohammad Javad Larijani »)

Veuillez également adresser des copies à :
Ambassade de la République islamique d’Iran
Avenue F.D.Roosevelt 15,
1050 Bruxelles
eMail: secretariat@iranembassy.be
Fax 02.762.39.15

INFORMATIONS GENERALES

Pour en savoir plus sur le cas de Sakineh Mohammadi Ashtiani, veuillez consulter le document intitulé Iran. Sakineh Mohammadi Ashtiani. Une vie en jeu (MDE 13/089/2010, septembre 2010, http://www.amnesty.org/fr/library/info/MDE13/089/2010/fr).

Sakineh Mohammadi Ashtiani était initialement accusée de meurtre – crime passible de la peine de mort – mais ses enfants ont renoncé à leur droit de porter plainte contre elle, comme les y autorise le droit iranien. Elle a finalement été condamnée à 10 ans de réclusion en vertu d’un autre article de loi. Son avocat a indiqué à Amnesty International que sa peine avait ensuite été ramenée à cinq ans après que la Cour suprême l’a déclarée coupable non plus d’homicide mais de « complicité ». Cependant, avant d’être arrêté, l’avocat de Sakineh Mohammadi Ashtiani n’a pas pu produire la documentation pertinente qui, selon lui, a été confisquée par les autorités en août 2010.

Début juillet 2010, les autorités judiciaires de Tabriz ont écrit au responsable du pouvoir judiciaire pour demander la permission de modifier la méthode d’exécution de Sakineh Mohammadi Ashtiani, comme cela a déjà été fait dans des affaires précédentes. Le 10 juillet, le responsable du Haut conseil iranien des droits humains a déclaré que cette affaire serait réexaminée et a confirmé que le droit iranien autorisait les exécutions par lapidation. Le lendemain, le responsable des autorités judiciaires de l’Azerbaïdjan oriental a indiqué que la peine de mort prononcée à l’encontre de Sakineh Mohammadi Ashtiani pour « adultère en étant mariée et meurtre » n’avait pas été annulée et pouvait être appliquée à tout moment sur décision du responsable du pouvoir judiciaire. Toujours en juillet 2010, l’avocat de cette femme, Javid Houtan Kiyan, a demandé une révision extraordinaire de l’affaire par la Cour suprême. Amnesty International ignore s’il a déjà été statué sur cette réquête et, si c’est le cas, quel en est le résultat.

Le cas de Sakineh Mohammadi Ashtiani a été porté à la connaissance de la communauté internationale en juin 2010 et a obligé un de ses avocats à fuir l’Iran. Son fils et Javid Houtan Kiyan, détenu à la prison de Tabriz pour l’avoir défendue, ont été arrêtés et harcelés. Ce dernier a été arrêté le 10 octobre 2010, en même temps que le fils de Sakineh Mohammadi Ashtiani et deux journalistes allemands, qui ont tous les trois été remis en liberté. En mars 2011, Javid Houtan Kiyan a affirmé dans une lettre qu’il avait été torturé pendant qu’il était à l’isolement à la section 209 de la prison d’Evin, du 11 octobre au 12 décembre 2010. Depuis le 1er novembre 2010, date à laquelle un procureur a déclaré que cet homme était détenu parce qu’on le soupçonnait de posséder trois fausses cartes d’identité ou duplicatas, les autorités iraniennes n’ont fourni aucune information sur sa situation juridique. Selon d’autres sources, cet homme se serait vu infliger au moins quatre ans de prison pour diverses infractions et pourrait avoir à répondre d’autres accusations. La plupart de ces charges, si ce n’est toutes, semblent être liées au fait qu’il a défendu Sakineh Mohammadi Ashtiani. Son propre avocat, Naghi Mahmoudi, a fui l’Iran après avoir été harcelé et persécuté, laissant Javid Houtan Kiyan sans véritable représentation juridique. Naghi Mahmoudi a confirmé que Javid Houtan Kiyan avait eu le nez et des dents cassés, s’était vu infliger des brûlures de cigarette et avait perdu beaucoup de poids en prison.

Un autre des avocats de Sakineh Mohammadi Ashtiani, Mohammad Mostafaei, a été contraint de quitter le pays en juillet 2010 pour des raisons de sécurité, après avoir été convoqué pour un interrogatoire. Sa femme et son beau-frère ont aussi été arrêtés pour tenter de le forcer à se rendre. Mohammad Mostafaei a depuis été condamné à six ans d’emprisonnement par contumace pour « agissements contre la sécurité nationale », car il a parlé de Sakineh Mohammadi Ashtiani à des médias étrangers, et pour « propagande contre le régime ».

Abdollah Farivar Moghaddam a été exécuté en février 2009 pour « adultère en étant marié » après que son peine de lapidation a été changée en pendaison (voir l’AU 50/09, Iran. Peine de mort / Lapidation, MDE 13/020/2011, 24 février 2011, http://www.amnesty.org/fr/library/info/MDE13/015/2009/fr).

Le cas de Sakineh Mohammadi Ashtiani a déjà été traité dans le cadre de l’AU 211/09 (http://www.amnesty.org/fr/library/info/mde 13/082/2009/fr).

Nom : Sakineh Mohammadi Ashtiani

Genre : femme

AU 3/12, MDE 13/001/2012, 6 janvier 2012

Source de l’article : http://www.isavelives.be/fr/node/8475

La légitimité du féminisme laïque

Lettre ouverte à nos amies féministes

dimanche 14 juin 2009

par Féministes laïques algériennes et iraniennes

Chers ami-e-s, cher-ères camarades de lutte,

Après la large diffusion de notre lettre-colère, vous avez été nombreuses et nombreux à nous écrire (près de 5000) pour nous encourager, nous proposer de réfléchir ensemble sur quelles solidarités, quelles passerelles et surtout quelles réponses à proposer quant à la légitimité de porter notre message. Paris, le 5 juin 2009.

Il nous semble que le féminisme en tant que pensée politique, philosophique et sociale, fondée sur l’égalité des sexes et la justice sociale transcende les frontières, les « races » et les couleurs. À ce titre, ne renferme t-il pas en lui-même une pensée universelle ?

Que l’on soit en France, au Québec, en Angleterre, en Algérie ou en Iran, notre quête d’égalité, de liberté, de liberté de conscience, de justice sociale et, par là même, nos luttes contre les lois et les comportements sexistes, les inégalités sociales, économiques, culturelles, le racisme et l’antisémitisme ne se retrouvent que sur le terrain d’un féminisme laïque.

Ce sont tous nos principes et toutes nos valeurs communes qui nous ont convaincues et continueront à nous convaincre de l’universalité du féminisme.

Le relativisme culturel en matière de féminisme ne peut être qu’une autre forme de racisme où les femmes « originaires du sud » seront exclues de toutes les chartes des libertés et même de la déclaration universelle des droits de l’Homme, car elles sont susceptibles de porter « une » autre culture. Ce qui n’empêche, en aucune façon, la réflexion globale et les actions locales.

Il serait donc judicieux et honnête intellectuellement d’indiquer et d’expliquer les subtilités qui existent entre culture, religion et identité.

Politiquement et publiquement, ce sont les valeurs du féminisme et de la laïcité qui nous donnent une identité commune ; ce sont nos différents vécus, expériences et connaissances qui enrichissent nos cultures et leur permettent de trouver des points de convergence. Quant aux religions, nous estimons et faisons en sorte qu’elles ne dépassent pas l’intime et le personnel. Ces dernières ne peuvent, en aucun cas, s’imposer à nos valeurs ou à notre éthique.

C’est dans ce contexte, et non parce que nous sommes de naissance musulmane, que nous nous permettons de remettre en cause toutes les religions, sans pour autant nous sentir ni islamophobes, ni judéophobes, ni christianophobes.

En parlant d’islamophobe, savez-vous qu’au-delà de la date d’apparition de ce terme en 1921 (Etienne Dienet et Slimar Ben Ibrahim), l’Ayatollah Khomeiny et les Mollahs l’ont repris pour désigner les femmes laïques qui manifestaient au lendemain de la révolution iranienne de 1979. Ces femmes refusaient le Shah et le tchador, alors que leurs camarades ne voyaient pas encore les dangers de l’islamisme.

Aujourd’hui, en partant des histoires coloniales et postcoloniales, on veut nous amener à faire l’amalgame entre le racisme et la soi-disant islamophobie.

Nos cher-e-s ami-e-s, n’oubliez pas que ce sont des féministes iraniennes qui ont été traitées d’islamophobes parce qu’elles ont refusé en même temps le voile et le système féodal bourgeois. Ce sont les Algériennes refusant le diktat de l’alliance islamiste/pouvoir qui sont traitées d’impies à tuer, à renier ou à exiler. Ces Algériennes qui portent en elles les traces du colonialisme et ses conséquences postcoloniales ne confondent pas la lutte pour la laïcité, le féminisme et la démocratie avec la quête d’identité.

Ce qui se passe aujourd’hui, au Québec, est la preuve que le colonialisme et le postcolonialisme ne peuvent expliquer à eux seuls la montée du communautarisme et notamment celui lié aux religions (le Québec n’ayant pas eu de colonies est lui-même « settler occupation », faisant partie des pays du nouveau monde).

Dans un monde sans éthique politique, où l’ultralibéralisme et le capitalisme écrasent et broient des femmes et des hommes, où les dictatures font et défont les lois à leur guise en bafouant les libertés les plus fondamentales, et réservent aux religions un rôle social leur servant de caution et de complément, notre combat doit être mené pour protéger les acquis de tant de générations et arracher plus de lois pour la protection sociale des salarié-es et des plus démuni-es. Des lois qui garantissent l’égalité de toutes et tous et qui nous assurent, ainsi qu’aux générations futures, une vie décente et digne où la spiritualité n’est plus un refuge ou un moyen de manipulation, mais un choix personnel et intime que certaines et certains décideront d’adopter ou non.

Ces combats, nous devons les mener ensemble et faire en sorte que chaque féministe laïque, où qu’elle soit, de quelque culture qu’elle soit, et quelles que soient son origine, sa « couleur » ou son orientation sexuelle, les porte sans jamais se poser la question de sa légitimité de penser ou de parler.

Pour celles (et ceux) qui hésitent à dire haut et fort leurs valeurs féministes laïques par crainte d’accusation de « racisme ou d’islamophobie », nous avons confectionné une carte à notre nom qui leur donne toute la légitimité de s’exprimer et de pouvoir exprimer leurs points de vue :

Nous, le groupe « Féministes laïques algériennes et iraniennes »

Donnons les pleins pouvoirs et LEGITIMITE à :

Nom :

Prénom(s) :

Pour pouvoir s’exprimer sur la question féministe laïque sans être traité-e- « de raciste ou d’islamophobe ».

Féministes laïques algériennes et iraniennes

Mis en ligne sur Sisyphe, le 7 juin 2009

source : http://sisyphe.org/spip.php?article3309

Nous avions jadis les mêmes ennemis : le patriarcat et les lois divines

Lettre ouverte à nos amies féministes

jeudi 11 mars 2010

par Féministes laïques algériennes et iraniennes

Ce message, certes chargé de colère, s’adresse à certaines de nos camarades féministes engagées dans les luttes antiracistes, altermondialistes, traversées par une certaine culpabilité coloniale et postcoloniale.

Militantes et/ou chercheuses, porteuses des valeurs féministes, nous n’arrivons pas à concevoir, à comprendre ni à accepter votre engagement aux côtés de celles qui se nomment « féministes musulmanes et/ou voilées », au dépend des féministes laïques.

Nos chères amies, camarades, compagnes de luttes, féministes, nous allons vous raconter une histoire, notre histoire.

À la veille du 40ème anniversaire du Mouvement de Libération des Femmes et sans revenir sur toutes les luttes qui ont précédé et aboutit à ce mouvement, nous sommes interpellées par notre conscience, nos aspirations, nos rêves et nos utopies.

Que nous soyons originaires d’Iran, d’Algérie, d’Afghanistan ou du Pakistan, ce n’est pas de gaieté de cœur que nous avons quitté nos terres d’enfance.

Aujourd’hui, nous nous retrouvons unies dans une terre laïque où la liberté de conscience est garantie par la loi, où les luttes pour l’égalité des droits est possible, quoiqu’ardue.

Ardue, car l’égalité des droits et des sexes est indissociable des luttes sociales, économiques, culturelles et éducationnelles.

Tout cela nous l’avions compris de là où nous étions, vos luttes étaient les nôtres, votre libération prédisait la nôtre. Nous suivions vos cheminements et vos acquis nous renforçaient dans nos convictions et dans la poursuite de nos luttes.

Votre force, votre entente, au-delà de vos différences partisanes, pour arracher le droit à la contraception, à l’avortement, à la reconnaissance de l’homosexualité, au PACS et plus loin, dans l’histoire, au divorce étaient une source d’encouragement, pour nous, dans nos luttes contre la polygamie, la minorité des femmes à vie et le non droit de disposer de nous- mêmes.

Vos luttes et les nôtres avaient, alors, les mêmes ennemis : le patriarcat et « les lois divines ».

L’instauration des « lois divines » dans nos différents pays, les violences et les actes terroristes qui sont perpétrés contre les femmes et les hommes porteurs des valeurs laïques de liberté de conscience ont poussé beaucoup d’entre nous au départ.

Nous sommes arrivées avec l’expérience de nos luttes inachevées, avec, comme seuls bagages, nos rêves, nos utopies, notre quête de liberté et de démocratie.

Une démocratie où la laïcité fondamentale, solide et vidée de toute croyance religieuse, fait place à la liberté de matérialiser des rapports humains dans un monde vivable pour toutes et tous.

C’est dans cet état d’esprit que nous vous rejoignions, tout en ayant la conviction que ni les discours trompeurs, ni les alliances contre nature et partisane ne peuvent venir à bout de nos luttes communes.

Chères camarades de luttes, d’Amour, d’Amitié et de liberté, nous sommes là à vos côtés et ensemble dans les mêmes luttes ici ou là-bas.

Avec vous nous luttons pour une réelle égalité dans les institutions politiques, pour l’égalité des salaires entre hommes et femmes, contre toutes les publicités sexistes, pour protéger des droits durement acquis, aujourd’hui fortement menacés (le Planning Familial privé de son financement, la loi 1905 menacée…), avec vous et ensemble contre la marchandisation des corps des femmes et contre toutes les violences faites aux femmes tous les jours.

Nous sommes avec vous, à vos côtés et ensemble, mais vous, l’êtes-vous réellement ?

Chères amies

Nous sommes arrivées avec les mêmes désirs de liberté, les mêmes regards portés sur le présent et l’avenir. Un avenir d’égalité hommes-femmes, d’égalité hétérosexuel-le-s/homosexuel-le-s et d’égalité sociale ; mais, voilà, aujourd’hui, vos regards se détournent de nous, vos mains se tendent à celles et ceux qui nous obligent à l’exil, votre fascination va vers celles et ceux qui placent les « lois divines » au dessus de tout.

Des « lois divines » où charité ne peut pas rimer avec solidarité citoyenne. L’égalité des sexes ne peut pas se conjuguer avec patriarcat et suprématie de l’homme. Homosexualité et libres désirs ne peuvent pas se retrouver dans le même lit que procréation et soumission.

L’adage qui énonce que « l’ennemie de mon ennemie est mon amie » ne peut être l’apanage des féministes : souvenez-vous des conséquences de l’alliance islamistes et communistes en Iran, et ce qui arriva à ces derniers une fois les islamistes au pouvoir. Au quotidien, des femmes sont menacées, emprisonnées, arrêtées, lapidées, meurtries. Entendez-vous leurs cris de liberté ? Ou seulement leurs échos, écoutez… !

Aujourd’hui, il est encore temps de nous ressaisir, de redonner au féminisme ses véritables fondements et sa vocation universaliste en tant que femmes de gauche luttant pour les droits de toutes les femmes, où qu’elles soient et quelles que soient leurs origines ou leurs couleurs en ayant toujours à l’esprit que les lois doivent être là pour garantir les libertés de conscience et empêcher que les lois et les règles communautaristes ne redonnent toute sa place au patriarcat.

N’existe-t-il pas des lieux, des structures et des groupes qui portent différentes luttes quelles que soient les valeurs que nous défendons ? Aujourd’hui, au nom des valeurs et des luttes et du projet de société que nous partageons avec vous, nous vous interpellons haut et fort pour nous répondre et nous expliquer votre fascination pour des femmes qui mettent la loi divine au-dessus de tout. Au nom de ces dernières, les femmes sont tout simplement niées dans leur existence.

Est-ce de l’exotisme ? Nous ne pouvons croire cela. Est-ce de la naïveté politique ? Nous n’osons croire cela ? Est-ce une alliance conjoncturelle contre l’impérialisme et le capitalisme américains ? Si c’est le cas, nous nous demandons où en est l’indépendance et l’autonomie des femmes par rapport aux partis.

Il nous arrive, parfois, de nous questionner sur la place des chercheuses féministes, leurs démarches par rapport aux appels à projets et aux commandes des institutions, la laïcité étant menacée de toute part.

Nous vous interpellons, car notre place est avec vous et votre combat est avec nous.

Nous, Féministes laïques,

Chères amies, à bientôt…

Féministes laïques algériennes et iraniennes

Mis en ligne sur Sisyphe, le 20 mai 2009

source : http://sisyphe.org/spip.php?article3309

Existe-t’il le Tutorat, la polygamie, la répudiation, la lapidation, la fatwa « modérée » des mâles sur les femmes ?!


Unies par un même idéal laïque 
Pour le triomphe
des droits des femmes
sur les deux rives de méditerranée!

04/12/11

Les nouvelles de Tunisie, de Lybie, du Maroc, d’Egypte , du Moyen-Orient de façon générale sont bien inquiétantes et assombrissent lourdement le climat politique.
A la lame de fond démocratique et l’euphorie des premiers mois de l’année 2011 succède aujourd’hui la perspective d’une gouvernance islamiste dont les effets néfastes et dévastateurs sont largement sous estimés voire sciemment passés sous silence.
Le mouvement islamiste, organisé de longue date et implanté massivement grâce au maillage impressionnant de la société par un réseau dense de mosquées, a capté à son profit la colère des peuples arabes
pour réaliser le hold-up du siècle ! Il a récupéré, détourné et confisqué ce que l’on a baptisé précipitamment de « printemps arabe ».
Une telle dérive était prévisible. En effet, les rapports de forces qui ont dominé dans cette région du monde ne se sont jamais exercés pour faire triompher l’État de droit et les libertés individuelles. Dictateurs et islamistes, en parfaite connivence, adoubés par un Occident aveuglé par les calculs étroits du court terme, ont eu les mains libres pendant des décennies pour assécher la vie démocratique et réduire à néant les efforts des démocrates arabes à l’organisation politique de leurs peuples. Décapité et cassé par une répression féroce, le mouvement démocratique a été laminé et réduit en poussière.
Ceux qui ont porté aux nues le « printemps arabe » comme par enchantement ont viré leur cuti du jour au lendemain et aujourd’hui, nous rassurent sur notre avenir en tressant les lauriers de l’islamisme « modéré ».
De qui se moque t-on ?

Obama pactise avec les terroristes que lui-même avait catalogués dans les black-lists, encourage le retour triomphal des Talibans dans le cadre de la pseudo « Réconciliation Nationale » en Afghanistan et encense le nouveau «modèle» tunisien. Même son de cloche du côté européen : Pendant que Sarkozy et Cameron ferment les yeux sur la nature hideuse de la clique du pouvoir lybien, Catherine Ashton, la chef de la diplomatie européenne se répand en courbettes devant les nouveaux maîtres du pouvoir.
Tout concourt à penser que le « plan du Grand Moyen-Orient » décliné en 2004 au Congrès par George W. Bush est entrain de se mettre en place.
Hier on nous demandait d’accepter des autocrates pour éviter les islamistes. Aujourd’hui, on nous demande de se faire bouffer à la sauce « light » de l’islamisme « modéré »!
Décidément l’heure est au grand écart ! Pourquoi cette volte-face à 180 degrés ?
Qu’entendent-ils donc ces prestidigitateurs du verbe par « islamisme modéré » ? Quel est le contenu concret qu’ils donnent à leur lubie ?
Qu’ils nous disent alors ce qu’est le Tutorat « modéré » du mâle sur les femmes !
Qu’ils nous définissent ce qu’est la polygamie « modérée » !
Qu’ils nous expliquent ce qu’est la répudiation « modérée » !
Qu’ils nous montrent de quelle taille doivent être les pierres pour lapider « modérément » les femmes !!
Qu’ils éclairent nos lanternes sur ce qu’est une fatwa « modérée » !

Par quel tour de magie, une idéologie de combat, comme l’islamisme, fondée sur des lois divines, accepterait-elle de se soumettre aux lois humaines?
Les questions qui se posent aux femmes algériennes restent entières depuis longtemps. Voilà plus d’un quart de siècle que le code de la famille algérien, rebaptisé à juste titre, « code de l’infamie », impose depuis 1984 un carcan de souffrance et d’humiliation aux femmes en en faisant des mineures à vie.
Les femmes algériennes ont connu toutes les versions de l’islamisme : sa barbarie et son discours mielleux. C’est pourquoi, elles peuvent en parler en connaissance de cause comme leurs sœurs afghanes et iraniennes. Elles savent surtout que quelle que soit la version, la « hard » ou la « soft », ce ne sont en fait que les deux faces du même monstre : l’islamisme politique.
Quand la religion est au pouvoir, elle le corrompt et l’avilit. Elle l’entraîne aussi dans les bas-fonds de la violence. La confusion de la religion et du pouvoir est toujours un mélange qui détonne et celui-ci explose en premier lieu à la gueule des femmes, les premières victimes de l’islamisme politique comme le démontre l’histoire de l’Algérie.
Quelle différence y a-t-il entre un poison tout court et un poison « modéré » sinon celle de crever sur le champ ou de souffrir à petit feu toute une vie ? Comme le cyanure, l’islamisme politique est mortel à toutes les doses !!
De quelque point de vue que l’on se place, ni la polygamie, ni la répudiation, ni la lapidation ne sont de l’ordre de l’humain. Elles sont toutes une injure à l’Humanité entière !
Il ne peut pas, il n’y a pas d’alchimie heureuse entre l’islam et la politique.
La malédiction des femmes algériennes continue jusqu’en France où les « conventions bilatérales » continuent d’exercer, au mépris de l’ÉGALITÉ CITOYENNE, leur chape de plomb et livrent les femmes algériennes à la férule de lois d’un autre âge.
En effet, la convention bilatérale de 1964  permet la reconnaissance de décisions rendues en Algérie (la répudiation de la femme par le mari)  et sont validées par l’exequatur (procédure de reconnaissance, par le droit interne, d’une décision de droit d’un Etat étranger).  L’accord franco-algérien du 27 décembre 1968, notamment l’article 6, prévoit que le renouvellement du certificat de résidence est subordonné à une communauté de vie effective entre les époux. En conséquence, dans le cadre de la loi du 9 juillet 2010 relative aux violences faites aux femmes, les Algériennes même si elles peuvent bénéficier de l’ordonnance de protection, hésitent à s’engager dans une procédure de divorce. Elles vivent dans la peur de ne pas obtenir leur certificat de résidence ou son renouvellement (soumises au pouvoir discrétionnaire du préfet) et d’être confrontées à une procédure de reconduite à la frontière. Elles risquent de choisir de retourner chez le conjoint violent et rester à vivre avec leur bourreau face à un dispositif juridique qui discrimine et n’abolit pas les violences à l’égard des femmes.
En France, les pressions se font de plus en plus sentir sur les garderies d’enfants, les écoles, les marchés, les hôpitaux, les cafétérias, les piscines, les services publics, les rues. Elles se cachent sous le masque de la tolérance, du pluralisme, du respect de la différence, du vivre ensemble, de la liberté d’expression, du respect de l’autre, de l’ouverture à l’autre, de l’identité de l’autre, de la communauté de l’autre, de la culture de l’autre, des traditions de l’autre et bien évidemment de la religion de l’autre.
Le prosélytisme des évangélistes fleurit de plus en plus aux abords des gares et dans les marchés. Les intégristes catholiques redressent la tête. Ils tentent de perturber à Toulouse deux pièces de théâtre qu’ils jugent «blasphématoires» et font carrément irruption sur la scène du théâtre de la ville de Paris lors de la présentation de la pièce « Sur le concept du visage du fils de Dieu »
Les intégrismes prospèrent en écho sur les deux rives de la méditerranée mais nous ne céderons pas à cette offensive généralisée contre les droits des femmes.
Pour nous, la démocratie ne se limite pas à la seule arithmétique comptable. La démocratie repose aussi sur le socle des valeurs universelles et nous n’accepterons jamais que le droit à l’égalité Femme/Homme soit sacrifié sur l’autel de la trahison et des compromissions avec l’islamisme politique. Les droits des femmes ne sont ni secondaires, ni négociables et aucune politique ne pourra prétendre défendre l’Humanité entière si elle ignore les droits des femmes.
C’est pourquoi toutes les femmes du monde doivent converger leurs efforts pour lutter ensemble contre les intégrismes de tout bord pour qu’enfin soient reconnues une place entière aux femmes et que s’épanouissent leurs droits. Un tel combat ne réussira pas s’il n’est pas mené contre toutes les atteintes à la laïcité. Sans laïcité, aucune place ne sera faite aux droits des femmes.
Association Nationale Pour la Laïcité
en Algérie_Immigration
Paris 04/12/11